Keffieh et mosquée sur un terrain d'une chapelle : Marc Pena termine sa campagne en beauté



Il aura attendu les dernières heures de la campagne du premier tour pour lever le voile. Sur son clip de fin de campagne, Marc Pena apparaît auprés d'une personne en keffieh bien visible. Presque au même moment, dans les colonnes de La Provence, le candidat se prononce pour la construction d’une mosquée sur ce qui est présenté comme le « terrain d’une chapelle » dans le quartier de la Duranne.

L

e symbole est lourd, et le calendrier, disons-le, soigneusement choisi.


Sur le fond, il n’y a finalement rien de très surprenant. Les positions du candidat sont connues, tout comme ses affinités avec une gauche radicale dont les accents islamo-gauchistes ne datent pas d’hier. Ses alliances électorales passées – celles qui lui ont permis d’obtenir ses mandats – parlent d’elles-mêmes.
La vraie question est ailleurs : pourquoi maintenant ? Pourquoi ces gestes de communication en toute fin de campagne, quand la partie est presque jouée ?

Certains y voient une habile manœuvre : annoncer ce genre de signaux à la dernière minute pour éviter que les adversaires aient le temps d’en faire un thème de campagne. Une tactique possible. Si tel est le cas, on pourra toujours saluer la lâcheté politique.
D’autres – et nous sommes de ceux-là – y voient surtout un appel du pied pour le second tour. Car l’alliance avec le candidat centriste Philippe Klein ne semble guère prometteuse : les sondages lui prédisent un score trop modeste pour peser réellement.

En revanche, du côté de l’extrême gauche, les choses sont plus intéressantes. L’hypothèse d’un rapprochement était déjà presque acquise depuis un moment. Quand on fait déjà campagne avec les communistes au premier tour, le terrain est, disons, préparé.

Mais ce keffieh et cette histoire de mosquée ressemblent surtout à un signal adressé à l’autre liste d’extrême gauche communautariste, celle de Mounir Ben Ammar — que certains qualifieront d’« islamo-gauchiste », sauf à souffrir d’une forme sévère de cécité politique.

Marc Pena sera très probablement au second tour, les sondages le disent. Mais s’il devait espérer l’emporter face à la maire sortante, Sophie Joissains, la victoire se jouerait à quelques milliers de voix tout au plus.

Or ces voix-là, celles de la liste Ben Ammar au premier tour, il ne faudra surtout pas les perdre en route.

D’où ce clin d’œil de fin de campagne — version keffieh et mosquée — histoire de poser les jalons.


Article par Jibril Riqueti

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