L’aile communautariste claque la porte chez les fachos rouges aixois



Après l’épisode déjà savoureux de la désignation des candidats façon comité central — ambiance Pravda et relents de moustaches géorgiennes — voilà que la gauche radicale aixoise nous offre un nouvel acte de sa série préférée : la scission.


C

ette fois, c’est l’aile communautariste, reconnaissable à sa discrète mais persistante odeur d’entrisme religieux, qui prend la tangente. Direction les municipales de mars prochain, avec une liste maison menée par un certain Mounir Ben Ammar.

Le retour du réel, tout simplement. Car l’islamo-gauchisme — qu’on ait le courage ou non de prononcer le mot — reste avant tout une alliance de circonstances, un mariage sans amour, ni avenir. Car enfin, qu’est-ce qui peut bien unir durablement des militants farouchement antireligieux, défenseurs zélés du LGBTisme, déconstructeurs compulsifs du patriarcat et apôtres de la libéralisation totale des mœurs… avec leur exact opposé idéologique ?

Quelle ressemblance existe-t-il entre un étudiant végan, en pleine puberté révolutionnaire, nourri au tofu et aux slogans, et un univers régi par des préceptes ultra-conservateurs ? Réponse : aucune.

Enfin… si. Une seule. La Palestine. Ce miroir magique où chacun projette ses fantasmes : lutte anticoloniale recyclée pour les uns, défense de la oumma pour les autres. Un point de convergence aussi fragile qu’un drapeau brandi un samedi après-midi.
L’extrême gauche aixoise n’a pourtant pas ménagé ses efforts ces deux dernières années : manifestations quasi hebdomadaires, slogans approximatifs, ambiance pro-Hamas assumée dans les rues du centre-ville. Mais rien n’y a fait. Malgré toute cette agitation, impossible de “marabouter” électoralement les quartiers communautarisés d’Aix — le Jas-de-Bouffan en tête. Qu’à cela ne tienne : le quartier choisit donc désormais un représentant jugé plus conforme à ses aspirations, en la personne de Mounir Ben Ammar.

Et pour éviter l’effet un peu trop voyant d’une initiative strictement communautaire, on ajoute une touche de vernis médiatique : Émeric Caron. Heureux hasard. L’homme incarne à merveille une obsession anti-israélienne devenue électoralement précieuse pour une certaine frange de l’électorat.

Soyons justes : chez quelques vétérans soixante-huitards de l’extrême gauche, Caron représente même une forme de virilité politique — celle qu’ils ne retrouvent plus chez leurs amis de LFI, jugés trop mous pour renverser par la force ce monde occidental, évidemment responsable de tous les malheurs de la planète. Car lors des émeutes, rappelons-le, ce sont les quartiers indigénistes qui brûlent, pas ceux des bobos — fussent-ils d’extrême gauche.

Bref, à Aix comme ailleurs en France, le vote communautariste s’installe tranquillement, sans bruit, sans complexe, avec ses propres listes, ses propres figures et ses propres codes.

Mais rassurez-vous. Au second tour, tout ce petit monde se retrouvera bien sagement sous la bannière de… on vous laisse deviner.

Article par Jibril Riqueti

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