Les premiers sondages livrent un paysage politique sensiblement différent de celui que nous avions anticipé. L’écart avec les projections que nous avions travaillées — à l’aide d’outils de l'IA — est révélateur : nous avons collectivement sous-estimé la dynamique de radicalisation de l’électorat.
Il serait cependant hasardeux d’attribuer ce score à une dynamique strictement locale. La campagne de Jean-Louis Geiger demeure discrète, pour ne pas dire effacée, tant dans les rues d’Aix-en-Provence que dans la presse locale. Le RN bénéficie ici d’un phénomène national, porté par un climat de défiance généralisée et par la cristallisation autour du « sentiment d’insécurité », sujet que le pouvoir en place peine à désamorcer.
Autre fait marquant : la progression de l’extrême gauche. Si l’on additionne les scores de La France Insoumise et de la liste communautaire conduite par M. Ben Ammar, on atteint près de 17 %. Une liste unifiée regroupant LFI, communistes et écologistes aurait pu même prétendre à une deuxième place, voire à une quasi-égalité avec le RN. Là encore, le signal est clair : l’électorat se polarise.
La véritable désillusion concerne en revanche Philippe Klein, qui semble absent du rapport de forces. Sa personnalité peu affirmée et un discours jugé lisse le rendent inaudible dans une campagne dominée par des clivages nets et des positionnements tranchés. Dans une séquence politique marquée par l’intensité et la conflictualité, la modération sans incarnation forte peine à exister.
Enfin, la dynamique de Sophie Joissains mérite analyse. Son entrée tardive en campagne et sa stratégie consistant à s’abriter derrière sa fonction de maire pouvaient laisser présager un affaiblissement. Il n’en est rien. Faut-il y voir la persistance d’un capital politique hérité de sa mère — notamment de l’ancrage municipal construit avant elle — ou bien l’expression d’un vote utile à droite, dans un contexte de lassitude vis-à-vis de la politique macroniste ?
Une chose est certaine : ces premiers chiffres traduisent moins une recomposition locale qu’un écho fidèle des tensions nationales. À Aix comme ailleurs, le centre se fragilise, les extrêmes progressent et l’électorat semble privilégier des choix de rupture plutôt que des compromis.
S
ur certains points, toutefois, l’intuition était juste. La première place de Sophie Joissains ainsi que la seconde position du bloc PS/PC ne constituent pas une surprise. En revanche, la poussée du Rassemblement National dépasse largement les attentes. Le parti franchit nettement la barre des 10 % et talonne désormais la gauche traditionnelle — un scénario que peu d’observateurs jugeaient plausible il y a encore quelques semaines.Il serait cependant hasardeux d’attribuer ce score à une dynamique strictement locale. La campagne de Jean-Louis Geiger demeure discrète, pour ne pas dire effacée, tant dans les rues d’Aix-en-Provence que dans la presse locale. Le RN bénéficie ici d’un phénomène national, porté par un climat de défiance généralisée et par la cristallisation autour du « sentiment d’insécurité », sujet que le pouvoir en place peine à désamorcer.
Autre fait marquant : la progression de l’extrême gauche. Si l’on additionne les scores de La France Insoumise et de la liste communautaire conduite par M. Ben Ammar, on atteint près de 17 %. Une liste unifiée regroupant LFI, communistes et écologistes aurait pu même prétendre à une deuxième place, voire à une quasi-égalité avec le RN. Là encore, le signal est clair : l’électorat se polarise.
La véritable désillusion concerne en revanche Philippe Klein, qui semble absent du rapport de forces. Sa personnalité peu affirmée et un discours jugé lisse le rendent inaudible dans une campagne dominée par des clivages nets et des positionnements tranchés. Dans une séquence politique marquée par l’intensité et la conflictualité, la modération sans incarnation forte peine à exister.
Enfin, la dynamique de Sophie Joissains mérite analyse. Son entrée tardive en campagne et sa stratégie consistant à s’abriter derrière sa fonction de maire pouvaient laisser présager un affaiblissement. Il n’en est rien. Faut-il y voir la persistance d’un capital politique hérité de sa mère — notamment de l’ancrage municipal construit avant elle — ou bien l’expression d’un vote utile à droite, dans un contexte de lassitude vis-à-vis de la politique macroniste ?
Une chose est certaine : ces premiers chiffres traduisent moins une recomposition locale qu’un écho fidèle des tensions nationales. À Aix comme ailleurs, le centre se fragilise, les extrêmes progressent et l’électorat semble privilégier des choix de rupture plutôt que des compromis.
Article par Jibril Riqueti

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