L’extrême gauche aixoise mise en cause par la justice

On se souvient des envolées de l'opposition en septembre 2021, extrême-gauche comprise, dénonçant l’élection de la maire actuelle d'Aix comme « nord-coréenne ». Rien que ça. Le vocabulaire était martial, les comparaisons punchy, la posture morale impeccablement repassée.


E

t puis voilà que la justice d’appel vient de condamner le processus de désignation des candidats de La France insoumise pour les municipales de 2026. À la suite d’une plainte déposée par, tenez-vous bien, leurs propres militants (>> voir notre article). Le mode de sélection est jugé « arbitraire ». Certains parlent même de fonctionnement verrouillé, centralisé, vertical. A la bonne heure.

Il est fascinant de voir avec quelle aisance certains dénoncent chez les autres ce qu’ils tolèrent très bien chez eux : décisions prises en petit comité, opposition interne marginalisée, militants critiques recadrés — ou plus si affinités.

Car une autre plainte serait en cours concernant des incidents lors de cette désignation, avec des accusations de violence physique contre « une militante en situation de handicap », relayées sur les réseaux sociaux. La démocratie participative version gardes rouges.

On nous expliquait que la droite locale étouffait le débat. Que le système était cadenassé. Finalement, le laboratoire le plus intéressant de la « verticalité assumée » n’était peut-être pas là où on nous le désignait avec tant d’emphase.

Le plus savoureux, toutefois, reste l’innocence feinte de la gauche aixoise "modérée". Car cette extrême gauche au fonctionnement pour le moins autoritaire fut son alliée officielle au conseil municipal. Alliance assumée, votes communs, indignations partagées. Main dans la main pour dénoncer les dérives des autres.

Cette gauche aixoise se présente aujourd’hui devant les électeurs en adoptant une posture qui tend à minimiser, voire à effacer, l’alliance de 6 ans qu’elle a pourtant assumée avec La France insoumise au sein du conseil municipal d'Aix-en-Provence. La question qui se pose désormais est celle de la cohérence et de la lisibilité de cette offre politique proposée aux électeurs.

Certains observateurs estiment qu’une stratégie pourrait consister à se présenter séparément au premier tour afin de capter un électorat plus modéré, puis à envisager un nouveau rapprochement au second tour. En résumé : berner l'électorat pour être au second tour.

Article par Jibril Riqueti

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