Sélection des candidats Insoumis aux municipales, façon soviétique

 Guillaume Dalla Costa et Madame Hubert en mode soviétique 

Rarement journal nous aura offert une telle immersion dans le folklore politique d’un autre temps. À la lecture de l'article de la Provence relatant la désignation du candidat des Insoumis aux municipales d’Aix, on se croirait revenus aux grandes heures des congrès soviétiques : unité de façade, exclusions bien réelles et service d’ordre zélé pour rappeler à chacun la ligne du Parti.


L

e décor est planté le 25 octobre, salle Voltaire — ironie du nom, tant l’esprit du philosophe semblait avoir été prié de rester à la porte. L’assemblée devait choisir les candidats LFI aux municipales ; elle se serait transformée en une tentative de putsch digne d’un manuel d’histoire politique mal digéré.

Aux commandes, un petit cercle très discipliné, façon « quarteron de généraux » — pardon, de candidats — gravitant autour de Madame Hubert. D’après les protagonistes cités par le quotidien — certains ayant indiqué avoir déposé plainte — la réunion aurait été marquée par des exclusions, des refus d’accès à la salle pour des militants opposés à la ligne majoritaire, et la présence de vigiles, façon gardes rouges. Une situation qui, à en croire ces récits, aurait dégénéré en affrontements, avec à la clé des blessures ayant nécessité des jours d’ITT. Le pluralisme, version musclée.

On connaissait pourtant Madame Hubert pour sa traque obsessionnelle du fascisme à sa sauce, concept extensible englobant visiblement les membres de son propre camps. On en serait presque tombés de nues. Presque. Car à bien y réfléchir, rien de très surprenant finalement. C’est la vieille mécanique communiste lorsqu’elle laisse tomber le masque : le dissident devient suspect, puis indésirable, puis persona non grata.

L'erreur serait de croire à une gauche libertaire, un peu anarchisante, vaguement trotskiste. En réalité, nous sommes face à une gauche bolchevique assumée, version commissaire du peuple, prompte à vouer aux gémonies les dissidents, quitte à emprunter sans complexe les méthodes qu’elle prétend combattre.

Mais rassurons-nous : tout cela est parfaitement cohérent. Après tout, nous sommes bien chez Mélenchon.

Article par Jibril Riqueti

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