Et si l'on parlait des ancêtres de Marc Pena ?
Allons plus loin. Si l'on devait appliquer la méthode Pena, faudrait-il s'interroger sur les supposés ancêtres espagnols de chacun portant un patronyme ibérique et les renvoyer aux conquistadors, aux violences coloniales ou aux heures les plus sombres de l'Inquisition ? Bien sûr que non. Ce serait grotesque. Et c'est précisément parce que ce serait grotesque que cette démonstration révèle l'absurdité du procédé : on ne juge pas un homme à travers des siècles d'histoire qu'il n'a ni vécus ni choisis.
Pris en flagrant délit d'amalgame, Marc Pena explique désormais qu'il parlait des « ancêtres politiques » du Rassemblement national. Voilà qui est pratique : lorsque la polémique enfle, les ancêtres deviennent soudain métaphoriques.
Très bien. Jouons donc avec les mêmes règles. Les ancêtres politiques de la gauche française ont-ils tous les mains propres ? Marcel Déat, Jacques Doriot ou René Belin étaient issus de la gauche avant de collaborer avec Vichy. Pierre Laval fut lui aussi socialiste avant sa dérive. Quant à François Mitterrand, il reçut la Francisque du maréchal Pétain en 1943 avant de rejoindre ensuite la Résistance. Faut-il pour autant expliquer à chaque député de gauche qu'il est comptable de cet héritage ? Évidemment non. Ce serait intellectuellement paresseux… exactement comme l'amalgame que l'on prétend dénoncer chez les autres.
En réalité, cette affaire en dit davantage sur l'état du débat politique que sur l'Histoire de France. Lorsqu'un élu n'attaque plus les idées mais les ancêtres, c'est souvent que les arguments commencent à manquer. C'est un peu comme un joueur d'échecs qui, incapable de gagner la partie, décide soudain de critiquer le grand-père de son adversaire.
Les Aixois sont en droit d'attendre autre chose de leur député. Aix-en-Provence est la ville de Mirabeau, de Portalis et de Zola, une ville où la force du verbe reposait sur l'argumentation, pas sur les arbres généalogiques.
Une démocratie adulte confronte les idées. Une démocratie fébrile convoque les ancêtres. À chacun de décider dans laquelle il souhaite vivre.
V
oilà une idée révolutionnaire. Puisque Marc Pena semble considérer que les ancêtres constituent désormais un argument politique recevable, ouvrons donc les registres paroissiaux, dépoussiérons les arbres généalogiques et transformons les historiens en arbitres des débats parlementaires. Après les programmes électoraux, place aux généalogies !Allons plus loin. Si l'on devait appliquer la méthode Pena, faudrait-il s'interroger sur les supposés ancêtres espagnols de chacun portant un patronyme ibérique et les renvoyer aux conquistadors, aux violences coloniales ou aux heures les plus sombres de l'Inquisition ? Bien sûr que non. Ce serait grotesque. Et c'est précisément parce que ce serait grotesque que cette démonstration révèle l'absurdité du procédé : on ne juge pas un homme à travers des siècles d'histoire qu'il n'a ni vécus ni choisis.
Pris en flagrant délit d'amalgame, Marc Pena explique désormais qu'il parlait des « ancêtres politiques » du Rassemblement national. Voilà qui est pratique : lorsque la polémique enfle, les ancêtres deviennent soudain métaphoriques.
Très bien. Jouons donc avec les mêmes règles. Les ancêtres politiques de la gauche française ont-ils tous les mains propres ? Marcel Déat, Jacques Doriot ou René Belin étaient issus de la gauche avant de collaborer avec Vichy. Pierre Laval fut lui aussi socialiste avant sa dérive. Quant à François Mitterrand, il reçut la Francisque du maréchal Pétain en 1943 avant de rejoindre ensuite la Résistance. Faut-il pour autant expliquer à chaque député de gauche qu'il est comptable de cet héritage ? Évidemment non. Ce serait intellectuellement paresseux… exactement comme l'amalgame que l'on prétend dénoncer chez les autres.
En réalité, cette affaire en dit davantage sur l'état du débat politique que sur l'Histoire de France. Lorsqu'un élu n'attaque plus les idées mais les ancêtres, c'est souvent que les arguments commencent à manquer. C'est un peu comme un joueur d'échecs qui, incapable de gagner la partie, décide soudain de critiquer le grand-père de son adversaire.
Les Aixois sont en droit d'attendre autre chose de leur député. Aix-en-Provence est la ville de Mirabeau, de Portalis et de Zola, une ville où la force du verbe reposait sur l'argumentation, pas sur les arbres généalogiques.
Une démocratie adulte confronte les idées. Une démocratie fébrile convoque les ancêtres. À chacun de décider dans laquelle il souhaite vivre.
Article par Jibril Riqueti

Commentaires
Enregistrer un commentaire
➤ Vous pouvez poster anonymement, sans compte, à condition de respecter notre règlement (voir la rubrique “Commentaires”). Votre message devra attendre d'être validé par nous.