Le mal de la droite aixoise


On l’a repéré au détour d’un commentaire, planqué sur la page Facebook de campagne de la maire sortante. Qu’il soit ici chaleureusement remercié : malgré ses contorsions feutrée « anti-Joissains mais pas trop quand même », il a offert une illustration chimiquement pure du mal profond qui gangrène la droite aixoise.


À

la lecture du commentaire, pas besoin d’être grand clerc : l’auteur est manifestement quelqu’un de l’intérieur. Bien informé, nourri aux ragots maison, connaisseur des rancœurs, des rivalités et des poignards rangés dans les tiroirs du bureau municipal. Son amertume — plus pleurnicharde qu’offensive — trahit une ancienne proximité. Un ex-proche, un élu mis sur la touche, un collaborateur à qui l’on avait promis un strapontin.

Et c’est précisément là que se niche le mal aixois. Car tout le monde s’accorde à dire que la ville penche largement — aux deux tiers — vers la mouvance politique de la maire : centre-droit, droite modérée, droite libérale, appelez ça comme vous voulez. Mais attention, on est loin d’une famille politique soudée. Ici, c’est plutôt une cour. Une assemblée de courtisans en quête d’un regard, d’un signe, d’une onction de la cheffe pour exister politiquement.

Qu’une faveur échappe à l’un, qu’une promotion échoie à un concurrent jugé moins méritant, et c’est le drame. Ça boude, ça démissionne avec fracas, ça règle ses comptes sur les réseaux sociaux ou dans la presse, ça se découvre soudain une conscience démocratique bafouée. À Aix, on a même vu — souvenons-nous de 2008 — un numéro deux se présenter contre le numéro un. Comme quoi, tout est possible quand l’ego est froissé.

Aujourd’hui, le scénario se rejoue. Un candidat Horizons face à une maire UDI, pour à peu près les mêmes raisons, sous les mêmes prétextes. À la lecture du programme de M. Klein, on a parfois l’impression de relire le fameux commentaire Facebook : « Je suis globalement d’accord avec la maire sur le fond, mais je rêve d’une gouvernance d’amour et de paix, où toutes les compétences seraient respectées !!! » Trois points d’exclamation, quand même. Pour l’émotion.

Sauf que pendant ce temps-là, la gauche et l’extrême gauche aixoises n’ont pas ces états d’âme. Elles savent s’unir sans vergogne quand l’heure sonne. Elles rangent leurs vexations personnelles, leurs rancunes passagères et leurs rêves naïfs d’un monde politique façon open space de PME, où tout le monde déciderait à égalité autour de la machine à café.

À droite, à Aix, on préfère encore se diviser entre gens du même monde. Une tradition locale, sans doute.

Article par Jibril Riqueti

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